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Streaming musical : les artistes en quête de nouvelles alternatives

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Le premier semestre 2017 marque un tournant pour l’industrie musicale. Pour la première fois, les revenus du streaming ont dépassé ceux des ventes physiques, générant 87,5 millions de chiffre d’affaires contre 85 millions pour les disques compacts et autres vinyles. Les données fournies par le Snep (Syndicat national de l’édition phonographique) confirment l’inexorable progression de la diffusion musicale en ligne : 4,5 milliards de morceaux étaient ainsi écoutés en 2014, contre 19,4 milliards aujourd’hui. A tel point que le streaming est salué comme le sauveur d’un secteur qui reprend enfin des couleurs, après la rude crise débutée dans les années 2000. La bonne santé du streaming permet à l’industrie musicale de relever la tête, en affichant une croissance à deux chiffres. De quoi satisfaire les prestataires, les maisons de disques et les consommateurs, séduits par la simplicité du procédé. Mais qu’en est-il des artistes ?

Les créateurs lésés

La rémunération d’un artiste n’est pas la même selon la manière dont est vendu son morceau ou son album. Gagnant en moyenne un euro par CD vendu, il faudra en revanche que l’un de ses titres soit écouté 2 500 fois en streaming pour lui rapporter la même somme. Un système critiqué par les auteurs, à l’image de Geoff Barrow, membre de Portishead, qui a fait ses comptes : le groupe n’a touché que 1 700 livres sterling (environ 2000 €) pour 34 millions d’écoutes en streaming. Cette mauvaise redistribution des revenus se double d’une opacité entretenue à la fois par les sociétés de streaming et par les majors, dont les contrats restent calqués sur l’ancien modèle économique. De quoi susciter l’émergence de nouveaux acteurs, plus respectueux des artistes et de leurs droits.

A la recherche d’un streaming équitable

Quelques entrepreneurs proches des artistes ont décidé de faire bouger les lignes. Resonate, start-up fondée par Peter Harris, propose un modèle original : un ticket d’entrée à très bas coût, qui permet de découvrir de nouveaux morceaux pour une somme modique. Si l’on écoute plusieurs fois le même titre, son prix augmente de manière significative, ce qui permet de soutenir les artistes que l’on apprécie le plus. Au bout de la dixième écoute, le consommateur possède le titre et peut le réécouter indéfiniment en n’ayant plus rien à payer. WavLive, basée à Paris, verse tous les revenus aux seuls artistes, leur propose de choisir le mode de distribution de leur musique et de toucher leurs revenus au bout 48 heures, contre plusieurs mois pour Spotify ou Deezer. Enfin, le logiciel Saga, qui en est encore à ses balbutiements, permet aux créateurs de surveiller très précisément la diffusion de leurs titres, quelles plateformes les proposent en ligne, combien d’écoutes ont été générées. Ce qui leur permet de réagir et, le cas échéant, de réclamer une rétribution.

Face à l’inertie des leaders du secteur, de nouveaux acteurs semblent donc bien décidés à accorder plus de place aux artistes. Ces derniers devraient aussi être épaulés par une nouvelle convention collective revoyant à la hausse leur rémunération. Enfin, YouTube, principal diffuseur en France de contenus musicaux, devrait voir son statut d’hébergeur changé en celui d’éditeur, ouvrant la voie à un meilleur traitement des ayants droit.

 

Photos : challenges.fr